15 juin 2019 ~ 0 Commentaire

Uber une bulle de cristal

Comme partout ailleurs, à Bruxelles aussi les chauffeurs UBER lancent leur première pétition.

J’ai souvent dit à nos dirigeants et décideurs que nous avions en Belgique la chance de ne pas avoir besoin de boule de cristal pour prédire ce qui se passera avec le système UBER. Il suffit de regarder ce qui s’est passé ailleurs en Amérique, Asie, Australie et Europe, où le recule est de presque 10 ans, pour savoir ce qu’il va se passer ici en Belgique à coup sûr. Et de fait, nous y sommes.

petition

Comme partout ailleurs, à Bruxelles aussi les chauffeurs UBER lancent leur première pétition après de vaines tentatives de négociations avec les gardiens de l’algorithme qui les dirigent. Parce qu’ils ne s’en sortent pas, tout comme les chauffeurs de taxis qu’ils ont submergés par une déferlante déloyale qui finalement étouffe tout le monde, provoque des faillites et malheureusement une vague de suicides notamment à New-York, où 9 taximen se sont donné la mort.

Le système UBER est une machine à broyer et à paupériser. Le processus est invariablement le même. D’abord on défonce la porte des villes, et de leur règlementation, ensuite on subventionne massivement les courses pour attirer les clients et faire croire aux chauffeurs à un « eldorado », avant de retire les béquilles dès que le nombre de chauffeurs à atteint la taille critique. Sans oublier un marketing et un lobbying intense.

Tout cela a un coût, 21 milliards de dollars brûlés en une dizaine d’années. Pour convaincre et rassurer les investisseurs, uber ne considère pas ces milliards évaporés comme une perte sèche, mais comme le prix à payer pour obtenir le monopole mondial, le fameux « the winner takes it all » si cher à la Silicon Valley. 21 milliards, cela donne le vertige, mais le coût le plus élevé est sans conteste le coût social qu’induit ce système, cette idéologie. Parce que oui l’ubérisation est une idéologie. Une idéoligie qui consiste à faire disparaître le contrat de travail, à transférer le risque entrepreneurial sur les travailleurs, à les mettre tous en concurrence et à prélever l’impôt sous forme de commission. Avec la particularité que cet impôt ne serait redistribué qu’aux seuls actionnaires.

Une société solidaire où le mieux loti aiderait le moins nanti, où le mieux portant aiderait le plus fragilisé, qui éduquerait et offrirait des perspectives à ses enfants? C’était quoi déjà ce truc ringard qu’on appelait sécurité sociale?

S.B.

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